Jeanne d’Arc, une jeune fille en questions

conférence du 25 nov. 2017

Près de 600 ans plus tard, par les questions que sa vie suscite, Jeanne d’Arc intéresse toujours autant. L’auditoire venu à Aigueperse pour la conférence d’Alain Valériaud en a été une fois encore la preuve. L’histoire de cette jeune fille, qui commence comme un conte, celui d’une modeste bergère qui réussit à parler au roi de France à une époque où son royaume est en décrépitude ne laisse pas d’interroger l’historien.

Le conférencier

Le conférencier, invité par l’Association culturelle d’Aigueperse et ses environs (ACAE), s’est attaché à décrire dans quel environnement extraordinairement difficile, la chevauchée de Jeanne d’Arc la conduisit de son petit village aux confins des terres du duc de Lorraine jusqu’à Orléans, Reims où le dauphin est sacré roi de France en sa présence, puis, après quelques batailles contre l’Anglois, à sa capture à Compiègne suivie d’une année de captivité, d’un procès en hérésie et de sa mort sur le bûcher, à Rouen, en 1431.

En cette fin de la guerre de Cent ans, le royaume de France est en décrépitude, soumis qu’il est depuis longtemps aux coups de boutoir des Anglais, alliés aux Bourguignons. La défaite d’Azincourt en 1415 a décapité une armée française d’un autre âge. Il règne un climat de guerre civile sur les dernières terres du royaume. Charles VI est en proie à des crises intermittentes de folie. Le dauphin de France, futur Charles VII, s’est réfugié à Bourges. Le 21 mai 1420, le traité de Troyes va même jusqu’à prévoir qu’à la mort du roi, le dauphin sera écarté au profit du roi d’Angleterre.

Il est difficile d’apprécier comment une simple jeune fille du peuple put, sur une période de moins de trois années, réussir à redonner vie au parti français. Si elle plaisait au petit peuple, ses motivations, son existence même furent mises en question, ne serait-ce que pour trois raisons. Sa seule volonté et sa forte personnalité remettait en cause le courage même d’un milieu de pouvoir exclusivement masculin. Elle gênait l’Eglise et surtout la très anglophile université de Paris avec son recteur, l’évêque de Beauvais, Pierre Cauchon qui n’eut de cesse de la faire condamner comme hérétique. Enfin il est clair qu’elle parvenait à se substituer à un entourage ambigu voire hostile au roi de France.

Olivier Paradis, président de l’ACAE, remercie l’orateur

Pas à pas, Alain Valériaud suivit l’histoire de la jeune femme et n’éluda pas les questions qu’elle suscite, avant de conclure sur le rôle éminent et pourtant longtemps oublié que l’intervention de cette jeune Lorraine joua dans la remise sur pied du royaume de France.

Olivier Paradis, président de l’ACAE, conclut à son tour cette belle réunion en remerciant l’orateur et les présents, puis rappela le calendrier des prochaines activités de l’Association, à commencer par l’Assemblée générale du 20 janvier, à la salle polyvalente d’Artonne, au cours de laquelle, pour éviter des frais postaux, seront distribués aux adhérents la prochaine revue semestrielle Sparsae et le bulletin d’informations Sparsae-infos.

Texte : Sparsae ; photos : M. Debatisse, C. Genest, N. Moulin