Conférence par Olivier Paradis, historien, président de l’Association culturelle d’Aigueperse et ses environs.

Samedi 23 mars, 17h, salle multi-média du collège Diderot, route de Montpensier, 63260 Aigueperse.

Voies antiques en Auvergne

Depuis la haute antiquité, les hommes ont traversé notre région pour commercer, à pied, en caravanes de mules ou de chevaux mais aussi avec des attelages, donc sur des chemins dits carrossables.

Dans les Cévennes, découverte de la voie Régordane.

Dès l’époque gauloise, les voies principales allaient au plus court d’une grande ville à une autre et un réseau de chemins secondaires reliait les bourgs, sans parler des chemins d’accès aux villages et aux champs. Mais seuls les grands axes étaient entretenus, coupe des taillis, empierrement, construction de ponts et aménagements de gués. Le nombre de ponts était si important qu’il expliquerait que le patronyme Dupont, fut longtemps un nom très répandu dans notre pays. Ces chemins très anciens n’ont pas complètement disparus et nous en utilisons encore parfois les tracés, comme celui de la route qui va d’Aigueperse à Vichy, de l’entrée de Bellerive jusqu’à l’église et bien sûr la Grande rue d’Aigueperse. D’autres tronçons sont parfaitement conservés sous la forme de chemins d’exploitation ou en sous-bois dans la forêt de Montpensier.

L’importance du réseau de routes carrossables était déjà grande lorsque Jules César envahie la Gaule, ce qui lui permis de déplacer ses légions avec rapidité. A l’époque romaine, des bornes dites miliaires, disposées le long des voies indiquaient les distances par mille pas, par rapport à la capitale de province, ici, Augusto-Nemetum (futur Clermont) et servaient à se repérer dans le paysage. Une très belle de ces bornes, datée de l’empereur Claude (année 46 de notre ère) était placée au sud d’Aigueperse, au niveau du rond-point de l’actuelle zone industrielle. Elle est conservée au musée Bargoin de Clermont-Ferrand. Quatre autres bornes au moins jalonnaient le trajet entre Aigueperse et Vichy.

Si des voies, autrefois importantes, ont disparu aujourd’hui ; elles laissent cependant encore une trace d’empierrement ou un micro relief que la photographie aérienne réussie à révéler, ou bien aussi des toponymes comme, via, lites (du latin liter le chemin), charreire vieille, la haute borne, la voie blanche, le chemin ferré (empierré), etc.

Par contre, peu d’entre elles étaient pavés comme peut l’être la via Appia à Rome ou les représentations dans les pages d’Astérix. Si des matériaux étaient bien installés en profondeur pour garantir la stabilité de la chaussée, en surface, de fins graviers ou de la terre donnaient plus de confort aux passagers et aux marchandises.

Le conférencier insistera sur la manière de repérer une voie antique et montrera à l’aide nombreuses prises de vue, les tracés encore visibles dans notre secteur d’Aigueperse qui nous conduirons peut-être jusqu’à Rome…