Dans les années 1920, le docteur Chapoutot s’installe à Aigueperse et, logiquement, achète la maison du médecin précédent, le docteur Hyppolite Lagout.

Cette bâtisse faisait partie de l’ancien couvent des Clarisses* vendu à la Révolution.

La vendeuse, fille du dernier docteur Lagout, tenait à conserver par devers elle, le meuble de l’ancien réfectoire des sœurs, un grand vaisselier, qui était, apparemment, resté dans son lieu d’origine, au rez-de-chaussée du couvent, près du réfectoire des sœurs.

Porte sculptée, vestige de l’ancien couvent, XVIe s.

 

Transporté dans un premier temps à Riom, ce meuble suivit la famille à Thiers dans un hôtel particulier, rue Conchette.

L’arrière petit-fils du docteur Lagout, Maître Jean Chassaigne, ancien notaire à Thiers, féru d’Histoire, ne tenait pas à ce que ce meuble, vénéré par sa grand-mère, disparaisse lors d’une prochaine vente des cohéritiers. Il a donc proposé à l’ACAE de le prendre en charge.

C’est avec reconnaissance et enthousiasme qu’une équipe de l’ACAE est allée démonter, rapporter et remonter ce vénérable meuble qui a ainsi trouvé sa place, maintenant, non loin de l’ancien couvent, dans la salle Jeanne d’Arc.

Comme son nom l’indique, ce meuble servait à conserver plats et assiettes, mais on y entreposait aussi quelques victuailles, le pain, les serviettes et les nappes.

D’une belle couleur miel sombre, il est en chêne et date du début du XVIIe siècle, avec ses décors à losanges, caractéristiques du style Louis XIII. Il est rare qu’un meuble ancien, spécifique à la vie monacale, autrefois importante à Aigueperse, ait pu être conservé et retrouve, sa paroisse, à défaut de son réfectoire.


* L’histoire du couvent des clarisses d’Aigueperse a été publiée dans deux articles de la revue Sparsae :
Corrocher (J.), « Le couvent des clarisses d’Aigueperse. 1ère partie : de la naissance de l’ordre à Assise à son implantation à Aigueperse », Sparsae, n°79, pp. 5-26.
Corrocher (J.), « Le couvent des clarisses d’Aigueperse (1421-1792). 2ème partie : la communauté spirituelle et temporelle jusqu’à sa disparition », Sparsae, n°80, pp. 33-62.

 

Texte : O. Paradis ; photos : N. Moulin, O. Paradis, Sparsae