Pendant la période du confinement, l’Association culturelle d’Aigueperse et ses environs (ACAE) vous propose quelques pages tirées de ses publications sur l’histoire et le patrimoine de la région d’Aigueperse.
L’ACAE sera heureuse de recevoir des études, notes et documents autour des thèmes de l’histoire et du patrimoine d’Aigueperse et des communes environnantes.
Bonne lecture.
vendredi 20 mars 2020

LE LIVRE DES VOYAGES DE MARCO POLO

Un best-seller médiéval dans la librairie du château d’Aigueperse

La bibliothèque du château d’Aigueperse telle que nous pouvons l’imaginer d’après les inventaires dressés en 1474 et 1507, par sa richesse et sa diversité, est représentative des goûts des lecteurs de l’époque[1]. Parmi les livres inventoriés en 1474 dans la librairie de Gabrielle de La Tour se trouve un ouvrage qui eut à la fin du Moyen Âge un immense succès : il s’agit de la version en français des « Voyages de Marco Polo[2] ». Composé en Italie vers 1298-1299 sans doute en franco-italien, puis traduit en plusieurs langues – latin, français, italien, toscan – cet ouvrage connut une diffusion extraordinaire en Occident dans les derniers siècles du Moyen Âge. En France, les bibliophiles les plus prestigieux, lettrés et amateurs de beaux livres, ont tenu à le posséder : le roi Charles IV le Bel en commanda une copie en 1330, Charles V en eut cinq exemplaires dans sa librairie, son frère Jean, duc de Berry, en eut trois[3]. On sait que les ducs de Bourgogne, Philippe le Bon et Charles le Téméraire, possédèrent également ce texte ainsi que le comte Charles d’Angoulême ; les manuscrits où il a été copié sont le plus souvent somptueux, soigneusement calligraphiés, illustrés de belles et nombreuses miniatures.

Pourquoi un tel engouement pour ce récit ? L’aventure vécue par Marco Polo pendant presque 20 ans jusqu’aux confins de l’Orient ouvrait pour les occidentaux les portes du rêve. Les titres varient selon les collections : appelé tantôt le Livre des merveilles, tantôt le Devisement du monde[4] ou encore le Livre du Grand Khan[5], cet ouvrage était le premier récit de voyages rédigé en français qui donnait alors une vision d’ensemble de la Perse, de l’Asie centrale et de certaines contrées de l’Extrême-Orient. Certes des relations de voyages consignées en latin par des frères franciscains tels que Jean de Plancarpin ou Guillaume de Rubrouck avaient circulé au milieu du XIIIe siècle, mais ces voyageurs n’étaient pas allés aussi loin que Marco Polo et les renseignements qu’ils apportaient n’étaient pas de même nature. Les seigneurs qui firent recopier aux XIVe et XVe siècles l’ouvrage du voyageur vénitien y ont cherché d’abord des renseignements sur le monde oriental et les manuscrits dans lesquels prend place le Livre des merveilles de Marco Polo sont le plus souvent des recueils où il côtoie d’autres textes relatifs à l’Orient : le Roman d’Alexandre, la Fleur des Histoires d’Orient de Hayton, des traductions des Voyages d’Outremer d’Oderic de Pordenone, les œuvres de Guillaume de Boldensele, de Ricold de Monte Croce, les Merveilles de la terre d’outremer de Jean de Vignay, etc. Ces manuscrits sont alors conçus comme de véritables anthologies et rassemblent des témoignages concernant tous l’Orient, biblique ou antique.

Miniature tirée du Livre des merveilles de Marco Polo, Paris, BnF, ms. F. fr. 2810 (fol. 14). Elle représente le port d’Ormuz dans le golfe persique. Ce manuscrit composé pour Jean sans Peur, duc de Bourgogne, vers 1410-13, fut offert en 1413 par Jean sans Peur à son oncle Jean, duc de Berry. On le retrouve dans la bibliothèque de Jacques d’Armagnac (†1477), arrière-petit-fils de Jean de Berry. Ce manuscrit est illustré par 84 miniatures attribuées à l’atelier du maître de Boucicaut.

Les pays qui se situent « outremer », c’est-à-dire de l’autre côté de la Méditerranée, sont relativement familiers en Occident, mais les régions qui s’étendent, au-delà de la Perse, vers des régions lointaines où les hommes du Moyen Âge situaient les limites du monde connu, demeurent pour eux une interrogation et une préoccupation : l’époque des grandes croisades est achevée, mais des expéditions partent encore, initiées par les papes afin de maintenir des relations avec les chrétiens d’Orient, ou par certains grands seigneurs qui rêvent de jouer un rôle politique dans ces contrées lointaines. Ce fut le cas de Charles de Valois qui voulait conquérir le trône de Constantinople au début du XIIIe siècle. En 1396, les princes des pays occidentaux ont été bouleversés par la défaite de Nicopolis face aux troupes du sultan turc Bajazet. Quelques décennies plus tard le duc de Bourgogne, Philippe le Bon, rêve d’être le nouveau chef d’une ultime croisade qui permettrait à l’Occident de retrouver sa place en Orient et collectionne tous les textes qui lui proposent comme modèles les conquérants antiques, Alexandre ou Jason. En 1453 enfin, lors de la chute de Constantinople, les pays d’Occident sont inquiets pour l’Église et la chrétienté.

À ces préoccupations politiques et religieuses s’ajoute depuis le XIIIe siècle un profond mouvement de curiosité intellectuelle qui pousse les gens lettrés à s’interroger sur le monde : la mode des encyclopédies le prouve. Bestiaires, lapidaires, volucraires [traités d’ornithologie] sont traduits et recopiés non seulement pour exalter la Création du monde terrestre par le Dieu chrétien, mais pour présenter aux lecteurs laïcs une vision complète de l’univers. C’est ainsi que le Livre des propriétés des choses, traduction par Jean Corbechon  du  Liber de proprietatibus rerum de Barthélémy l’Anglais[6], se trouve dans toutes les bibliothèques. Un exemplaire de cet ouvrage est d’ailleurs signalé dans l’inventaire de 1474 de la bibliothèque de Gabrielle de la Tour ; il provient de la collection de Béraut III, dauphin d’Auvergne et comte de Clermont, porte les armoiries et la devise de ce seigneur et est décoré par le Maître de Boucicaut[7], peintre célèbre pour la beauté de ses miniatures.

Ce chameau, peinture sur bois du XVe s. de la salle Jeanne d’Arc d’Aigueperse fut-il inspiré par le livre de Marco Polo détenu par la librairie du château d’Aigueperse ?

Le livre de Marco Polo répond à cette même curiosité pour les contrées lointaines. Dans les premières lignes de son ouvrage, l’auteur prétend apporter un témoignage qu’il veut véridique sur « la pure vérité des diverses régions du monde » et promet de décrire « les granz merveilles qui par le mont sont ». Marco Polo appartient à une famille de marchands ; son oncle, Marco il Vecchio, a longtemps vécu à Constantinople ; son père Niccolò et son autre oncle Matteo ont des comptoirs d’affaires et une demeure sur les rives du Bosphore. Les villes d’Italie -et Venise surtout- sont bien implantées dans ces régions et dominent un commerce traditionnellement tourné vers cet Orient ; un négoce actif permet aux marchands d’obtenir des produits du Levant et de la lointaine Asie ; ils vont chercher leurs denrées jusqu’en Perse ou en Arménie, traversent les mers et les déserts pour rapporter épices et tissus, fourrures et pierres précieuses. Marco Polo aurait pu n’être que l’un de ces marchands, mais l’aventure qui le conduisit jusqu’en Chine à la cour du Grand Khan fut exceptionnelle et son témoignage dépasse celui d’une simple relation de voyage. Suivant un itinéraire qui correspond aux routes de la soie, traversant la Perse, le nord de l’Afghanistan, les montagnes du Pamir, les provinces du Turkestan, de la Mongolie, puis de la Chine, Marco Polo découvre des pays où les occidentaux ont peu pénétré, rencontre des peuples mal connus, les Tartares ou les Mongols, accumule les détails géographiques ou ethnologiques sans nier les récits merveilleux et les anecdotes qu’il entend raconter sur place. Certains ont émis des doutes sur la réalité du voyage de Marco Polo et prétendu que celui-ci n’était jamais allé en Orient ; les critiques s’accordent aujourd’hui pour affirmer l’authenticité de ce voyage et le récit de Marco Polo, même s’il comporte des lacunes ou des silences, doit être lu comme un document de première importance.

Une rencontre inattendue : Marco Polo et Rusticien de Pise

Les circonstances dans lesquelles le Livre des Merveilles fut composé sont étonnantes et l’œuvre résulte d’une série de hasards. Quand Marco Polo revint de son long séjour en Chine, il s’installa à nouveau à Venise et reprit des activités marchandes. Sans doute n’avait-il aucunement l’intention de consigner ses souvenirs. En 1298, alors qu’il était capitaine d’une galère, il fut pris dans un affrontement maritime qui opposa Gênois et Vénitiens dans le golfe de l’Adriatique. Fait prisonnier, il fut emmené et enfermé à Gênes pendant quelques mois. Or il rencontra en prison un écrivain originaire de Pise, Rusticien (nom francisé de l’italien : Rustichello), qui lui-même était détenu depuis 1284, capturé lors d’une bataille navale entre Pisans et Gênois. Rusticien était un écrivain déjà connu en Angleterre et en France ; auteur de romans en français inspirés de la matière arthurienne, Guiron le Courtois et Méliadus de Léonnois, sa notoriété est la preuve que les chevaliers de la table ronde sont encore à la mode à la fin du XIIIe siècle[8]. Voyageur lui-même, curieux de la Terre sainte, sans doute Rusticien de Pise a-t-il écouté avec intérêt les récits de Marco Polo. Leur a-t-il donné une forme littéraire ? A-t-il participé de façon plus ou moins importante à la rédaction de la première version du livre ? C’est l’une des hypothèses les plus séduisantes et plausibles qui est aujourd’hui retenue par la critique littéraire, mais il est difficile de déterminer la part de Marco Polo et celle de Rusticien dans l’élaboration et la mise en forme du texte. En tout cas, cela explique que le Livre des Merveilles fut d’abord rédigé en franco-italien. Marco Polo sortit de prison et en 1307 il rencontra à Venise un seigneur français, Thibaut de Chepoy, venu négocier une flotte pour son maître, Charles de Valois qui voulait se rendre à Constantinople afin d’en conquérir le trône. Thibaut de Chepoy obtint de Marco Polo une copie de son livre (Paris, Bnf. f. fr. 1116) et c’est à partir de cet exemplaire que cette version se répandit en France.

La découverte de l’Orient

Marco Polo, au début de son ouvrage, raconte comment il est parti alors qu’il n’avait que dix-sept ans. En 1255 un premier voyage avait conduit son père et son oncle jusqu’en Crimée et en Russie, mais en raison d’une guerre qui avait éclaté entre deux peuples mongols, ils ne purent revenir et poursuivirent leur route jusqu’à Boukhara, en Perse. Ils rencontrèrent le Grand Khan qui leur posa des questions sur l’Occident chrétien et leur confia un message pour le pape. Quand en 1271 ils repartirent, avec le jeune Marco, ils portaient à Khoubilaï des lettres et privilèges de la part du pape. Ils restèrent dix-sept ans à la cour du Grand Khan et le jeune Marco, vif et habile pour apprendre les langues, entra au service de ce prince pour qui il parcourut l’empire chinois.

Bestiaire imaginaire ou merveille d’Orient ? Les miniatures de la librairie du château d’Aigueperse ont-elles inspiré le peintre ? Détail d’un tableautin du XVe s., salle Jeanne d’Arc, Aigueperse.

Le livre suit les déplacements et des séjours de Marco Polo à travers l’Asie. Dans une première partie il relate son itinéraire depuis la Petite Arménie jusqu’à la cité de Ciandu où se trouvait la résidence d’été du Grand Khan. C’est là qu’il fut présenté à ce seigneur. Puis il s’attarde longuement sur l’empereur lui-même et la façon dont il gouverne, sur sa puissance et sa richesse ; enfin le jeune vénitien évoque les missions qui lui furent confiées en Extrême-Orient et son retour par mer jusqu’à Venise en 1295. Le récit est rythmé par le nom des régions et des villes traversées, donne rapidement quelques informations sur les ressources naturelles ou humaines ou bien sur des coutumes surprenantes pour un occidental. Deux points sont toujours mis en avant : la religion des habitants – ils sont chrétiens, nestoriens ou jacobites ou bien idolâtres – et l’activité économique des villes, l’importance de l’artisanat ou du commerce. Marco Polo se souvient alors qu’il appartient à une famille de marchands et évoque les charrettes de tissus de soie et de brocards d’or qui entrent dans les villes ; il admire la finesse des tapis ou des broderies ; il fait rêver en énumérant les pierres précieuses – turquoise, rubis, jaspe – que l’on trouve dans ces pays ou en décrivant l’activité des ports comme celui d’Ormuz où les navires venus de l’Inde apportent les marchandises les plus diverses : épices, soieries et défenses d’éléphants.

C’est la Chine et l’empire de Khoubilaï qui retiennent surtout l’attention du voyageur ; le livre se transforme alors en véritable panégyrique : la description des palais aux proportions démesurées, la fraîcheur des jardins et des maisons de roseaux, le rituel de la cour, l’ordonnance des fêtes, les chasses impériales sont autant de prétextes pour des scènes hautes en couleur. La politique du Grand Khan est également magnifiée : sa capacité à édifier une nouvelle capitale, de nouvelles lois, à développer un système de relais postaux ou à imposer la circulation du papier-monnaie… Marco Polo est fasciné par le prince qu’il a servi et en dessine un portrait, certes idéalisé, mais qui a permis aux lecteurs occidentaux de s’émerveiller devant un homme politique exceptionnel.

L’exotisme et l’irrationnel ne sont pas absents du livre de Marco Polo. Celui-ci reprend parfois les légendes qu’il a entendues lors de ses escales dans telle ou telle contrée. Il parle ainsi de cynocéphales, êtres étranges à tête de chien, de bœufs blancs et énormes, de licornes qui ressemblent à des rhinocéros, mais aussi de rites surprenants pour le voyageur comme l’incinération ou les sacrifices d’animaux. Les détails pittoresques et concrets qui suggèrent ce que Marco Polo a pu voir en personne en Orient ne manquent pas non plus. Il décrit ainsi les innombrables ponts de pierre qui surplombent les canaux des villes chinoises ou les jonques de sapin qui parcourent les mers ; il évoque la récolte du poivre dans le Kérala ou la collecte des diamants dans les vallées de l’Inde, la fabrication du vin de riz aussi bien que celle des écuelles de porcelaine, la beauté des perles pêchées en Orient, etc.

Mêlant ses propres souvenirs à des informations livresques, Marco Polo donne à lire à ses contemporains un texte fascinant qui répond aux rêves que suscitaient alors l’Orient et les confins du monde.

Danielle QUÉRUEL

 Bibliographie

Editions et traductions du texte de Marco Polo (rédaction française)
  •  Marco Pol, La description du Monde, éd. et trad. P.Y. Badel, Paris, Livre de Poche, Lettres Gothiques, n°4551, 1997.
  • Marco Polo, Le Devisement du monde, édition critique publiée sous la direction de Ph. Ménard :
  • Tome I, Départ des voyageurs et traversée de la Perse, éd. M.L. Chênerie, M. Guéret-Laferté et Ph. Ménard, Genève, Droz, T.L.F., 2001.
  • Tome II, Traversée de l’Afghanistan et entrée en Chine, éd. J. M. Boivin, L. Harf,-Lancner et L. Mathey-Maille, Genève, Droz, T.L.F., 2003.
  • Tome III, Le livre de Khoubilï,  éd. Cl. Faucon, D. Quéruel, M. Santucci, Genève, Droz, T.L.F., 2004.
Etudes sur Marco Polo et « Le Devisement du Monde »
  • Badel P.Y., « Lire la merveille selon Marco Polo », dans Revue des Sciences humaines, Moyen Age flamboyant, 183, 1981, pp. 7-16.
  • Drège J. P., Marco Polo et la route de la soie, Paris, Découvertes Gallimard, n°53, Gallimard, 1989.
  • Gousset M.Th. et Avril Fr., Marco Polo, Le livre des merveilles, éd. fac-simile du ms. fr. 2810 de la BNF, suivie de commentaires, Lucerne, 1996.
  • Gousset M. Th., Le Livre des merveilles du monde, Marco Polo, Bibliothèque de l’image,  Paris, 2002.
  • Guéret-Laferté Michèle, Sur les routes de l’empire mongol, Ordre et rhétorique des relations de voyage aux XIII e et XIVe siècles, Paris, Champion, 1944.
  • Harf-Lancner Laurence, « Divergences du texte et de l’image : l’illustration du Devisement du monde de Marco Polo », dans Ateliers 30, « Texte et image », Cahiers de la maison de la recherche, Université Charles de Gaulle-Lille III, 2003, pp. 39-52.
  • Heers Jacques, Marco Polo, Paris, Fayard, 1983.
  • Ménard Philippe, « L’illustration du Devisement du Monde de Marco Polo, Étude d’iconographie comparée », dans Métamorphoses du récit de voyage, Paris, Champion, 1986, pp. 17-31.
  • Ménard Philippe, « L’itinéraire de Marco Polo dans sa traversée de la Chine », in Medioevo Romanzo, vol. XXVI, fasc. III, Salerno Editrice Roma, 2001, pp. 321-360.
  • Quéruel Danielle, « Le livre des Merveilles » de Marco Polo, dans Au fil des routes de la soie, Revue  Chemins d’étoile, Ed. Transboréal, n° 11, septembre  2003, pp. 177-185.
  • Roux Jean-Pierre, Histoire de l’empire mongol, Paris, Fayard, 199
[1] J. Corrocher qui signale que Mahaut d’Artois possédait dans ses livres le roman de Lancelot du Lac  Louis II , le roman de Guiron le Courtois,  et  que Gabrielle de La Tour possédait, elle aussi, des ouvrages consacrés à Tristan ou à Durmart le chevalier.
[2] Barthélémy l’Anglais : moine franciscain né vers 1190. Son œuvre fut traduite en français par Jean Corbechon en 1372 à la demande du roi Charles V.
[3] Il s’agit du ms. fr. 9141 de la BnF de Paris, actuellement présenté au musée du Louvre à l’exposition Paris 1400 : Voir Catalogue, Paris 1400 : les arts sous Charles VI (Réunion des musées nationaux), Paris,  Fayard, 2004,  notice 74,  p. 149.
[4] Voir l’étude proposée par J. Corrocher dans ce même numéro.
[5]  L’expression est celle qui se trouve dans l’inventaire, mais elle ne correspond pas aux titres habituels donnés à l’ouvrage.
[6] Les deux plus célèbres de ces manuscrits sont Paris, BnF f. fr. 5631 (2e moitié du XIVe siècle) et Paris, BnF f. fr. 2810 (début du XIIIe siècle, exemplaire fait pour Jean sans Peur, duc de Bourgogne, qui l’a offert à son neveu Jean de Berry en 1413).
[7] « Devisement » signifie en ancien français « description ».
[8] Le Grand Khan est Khoubilaï qui régna en Chine à partir de 1256. Marco Polo fut à son service pendant tout son séjour en Orient.
Article paru dans la revue Sparsae n°53, 2004, pp.15-22
Voir thèmes et sommaire du n°53 sur ce site.