Un officier supérieur,  le lieutenant-colonel Victor-Auguste Robin, est rentré de ses campagnes lointaines avec des carnets de dessins et des photos de ses lieux d’affectation et des pays qu’il a traversés.

Né à Renage (Isère) en 1847, il devient enfant de troupe à 11 ans et s’engage dans l’armée à 17 ans. Il sert en Algérie du 7 septembre 1864 au 5 septembre 1870, combat la Prusse dans l’Armée de la Loire du 6 octobre 1870 au 7 mars 1871, retourne en Algérie du 1er avril 1871 au 5 mai 1875 puis du 31 août 1884 au 11 avril 1885, est affecté au Tonkin du 12 avril 1885 au 23 août 1887 puis rentre en métropole pour assurer différents commandement. Il quitte le service actif en 1905 avec le grade de lieutenant-colonel.

Il décède en 1907 et est enterré à Aigueperse dont est originaire son épouse, Céline Gorce.

Des albums de dessins et photos des années 1885-87

Cet officier est rentré de ses campagnes avec des carnets de dessins et des photos de ses missions lointaines, notamment, pendant les années 1885-1887, alors qu’il est affecté au Tonkin. À l’époque capitaine, mêlé à la population locale il en découvre les coutumes.

Ces carnets sont regroupés dans deux albums actuellement présentés par la librairie en ligne Paris-Libris, en avant-première du Salon du livre rare et objets rares qui se tiendra du 24 au 26 septembre 2021 au Grand Palais éphémère de Paris.

En 1883, alors que la France possède déjà en Indochine trois provinces du sud (la Cochinchine), face aux hostilités entretenues par les Chinois et leurs complices, sous l’impulsion du chef de gouvernement de l’époque, Jules Ferry, les Français entament l’expédition du Tonkin, une suite d’opérations militaires lancées par la IIIème République pour poursuivre son expansion coloniale en Asie du Sud-Est.

Sans doute assez monotone, la vie de garnison dans ces contrées lointaines au milieu d’une population inconnue, laissa suffisamment de temps au capitaine Robin pour restituer des scènes entrevues. Ses albums contiennent 111 caricatures en couleurs et sont accompagnés d’un cahier comportant  les légendes manuscrites de ces dessins.

Photos d’un sous-officier, futur photographe célèbre

Victor-Auguste Robin s’intéressa aussi à la photographie. Il rapporta de nombreux tirages de ses expéditions. Parmi ces clichés, on trouve ceux pris par le sous-officier Pierre Dieulefils qui participe avec son régiment d’artillerie de Vannes, à cette campagne du Tonkin de 1885-1887.

C’est là qu’il fait ses premières photographies. Rentré en France pour se marier, Dieulefils retourne à Hanoï en 1888 où il s’installe comme photographe professionnel. Il participera à toutes les expositions universelles, internationales ou coloniale entre 1889 et 1910 (Paris 1889-1900), Hanoï (1902), Marseille (1906), Londres (1908), Bruxelles (1910), où il remportera de nombreuses récompenses.

Le commandant Robin, résistant aiguepersois du groupe Combat

 À noter que le lieutenant-colonel Victor-Auguste Robin est le père de Gilbert Robin, lui-même officier, qui perdit la vue au cours de la Première Guerre mondiale. Celui-ci s’installa dans l’entre-deux-guerres à Aigueperse où il exerça des activités médicales que son handicap malgré tout permettait : infirmier, masseur kinésithérapeute.

Gilbert Robin, le commandant Robin, et sa fille,Solange Robin, combattante volontaire dans la Résistance, se sont tous les deux illustrés par des actes de bravoure et de courage au service de la France.

Gilbert Robin est également enterré au cimetière d’Aigueperse.

Appel de documentation autour du commandant Robin, résistant Seconde Guerre mondiale : l’Association culturelle d’Aigueperse recherche des témoignages, des photos ou autres documents sur Gilbert Robin et sa famille. Il semblerait qu’il ait demeuré dans la Grande rue, face au boulevard St-Nicolas (route d’Effiat et Vichy).

Contact : redaction@sparsae.fr

L’ACAE remercie la librairie Paris-Libris pour l’autorisation reçue de publication des illustrations de cet article.
Sources : https://blog.paris-libris.com ; Perrin (A.), « Le docteur Marcel Lacour »Sparsae, 15, 1988, pp.15-22.
Texte et illustrations : SPARSAE d’après blog Paris-Libris
Vendredi 10 septembre 2021