Pendant la période du confinement, l’Association culturelle d’Aigueperse et ses environs (ACAE) vous propose quelques pages tirées de ses publications sur l’histoire et le patrimoine de la région d’Aigueperse.
L’ACAE sera heureuse de recevoir des études, notes et documents autour des thèmes de l’histoire et du patrimoine d’Aigueperse et des communes environnantes.
Bonne lecture.

UN NOUVEL ÉCLAIRAGE SUR LES ORIGINES FAMILIALES DE MICHEL DE L’HOSPITAL

En relisant les différentes biographies de Michel de l’Hospital, il est curieux de constater l’importance donnée à la justification de son état de noble et à l’identification de ses lieux et date de naissance. Cette volonté de bien connaître l’ascendance du chancelier s’explique par les nombreuses critiques qu’il reçut de son vivant, mais aussi après sa mort, par des personnes qui ne comprenaient pas l’esprit dans lequel il gouvernait. Ainsi se forge un jugement officiel très partisan sur le chancelier, comme celui publié dans le Grand dictionnaire historique de Moreri, pour l’édition de 1698 :
« HOSPITAL, (Michel de) Chancelier de France, était petit-fils d’un juif d’Avignon, et fils d’un médecin de Charles, duc de Bourbon, connétable de France. Ce médecin suivit le duc de Bourbon en Espagne et en Italie, jusqu’à sa mort, après laquelle il fut quelques temps à la suite de l’empereur, puis il se mit au service de la sœur de son défunt maître la princesse Renée de Bourbon qui avait épousé Antoine, duc de Lorraine, auprès de laquelle il demeura le reste de ses jours. Ce fut par cette considération, jointe au rare mérite de Michel de L’Hospital que le cardinal de Lorraine l’éleva par son crédit, jusqu’à la dignité de chancelier de France. Ce grand homme avait quantité de belles qualités, mais il en ternit l’éclat par son attachement au parti des calvinistes. Aussi on disait communément qu’il était huguenot dans l’âme quoi qu’il fît semblant d’être catholique à cause de sa dignité. Et de là vint ce petit proverbe ou plutôt cette raillerie qui était de son temps à la bouche de tout le monde, Dieu nous garde de la messe du chancelier, parce qu’on était persuadé qu’il n’y croyait pas trop. Cela fit même croire à quelques uns, qu’avec sa mine austère, son visage de saint Jérôme, comme on l’appelait à la cour et sa morale extrêmement sévère, il n’était à proprement parler ni huguenot, ni catholique. Quoi qu’il en soit, il prit grand soin d’élever ses petits-fils Messieurs Hurault de L’Hospital dans la religion de Calvin, comme ils l’ont eux-mêmes témoigné, étant depuis devenus depuis catholiques. On remarque aussi que dans son testament, avant de venir à la disposition de ses biens, il ne fait qu’un récit de sa vie, sans y parler de Dieu, ni de religion, ni de prières pour son âme, ni même de sa sépulture, qu’en ces termes peu dignes d’un chrétien : quant à mes funérailles et sépulture, que les chrétiens n’ont pas en grande estime, j’en laisse le soin à ma femme et à mes domestiques. ».
Michel de L’Hospital (collection privée).
Cette citation de Moreri reprend des formules que d’autres historiens de l’Ancien Régime confirment sans aucune autre forme de procès ; prétextant même que son grand-père était un juif d’Avignon[1], supposition facile à démonter comme nous le verrons plus loin. Ses détracteurs le rendent responsable de tous les maux des guerres civiles. Il faut qu’un tel homme ait des origines troubles, non françaises, non catholiques pour commettre de si grands crimes, notamment cette tolérance religieuse que semble lui reprocher cette édition du Moreri, contemporaine de la révocation de l’édit de Nantes. Or, l’œuvre du chancelier Michel de L’Hospital s’est toujours inscrite dans la philosophie humaniste  chrétienne la plus pure. Il était bel et bien français (car Auvergnat) et catholique. Malgré quelques thuriféraires qu’étaient en son temps ses amis Jean de Morel, Simon Macrin, Du Bellay et plus tard Ronsard,[2] il faut attendre les Lumières du XVIIIe siècle pour trouver une image plus positive du chancelier.
Les négationnistes de l’œuvre de Michel de L’Hospital, se sont attaqué à la fois à son intégrité morale, mais aussi à sa personne. Non seulement son ascendance et sa religion sont mises en cause, mais aussi son état civil et sa qualité de noble. Or, si la réalité de la noblesse de l’aïeul du chancelier reste équivoque, par cette appellation de La Roche, la noblesse est un fait incontestable pour son père et pour lui-même. Jean de L’Hospital est fait seigneur de La Roche lès Aigueperse dès 1515 et surtout châtelain par le connétable de Bourbon suite à la décision prise à Saragosse en date du 5 mars 1525[3]. Le frère de Michel, Pierre de L’Hospital, et tous ses descendants sont réputés nobles, situation une nouvelle fois officialisée par un arrêt du Parlement de 1647[4] et par le généalogiste Chérin au XVIIIe siècle.
La qualité de catholique du chancelier a aussi été contestée dans le but évident de nuire à la sincérité de ses convictions et de trouver une explication à sa tolérance religieuse, sa fille ayant de plus adhéré à la Réforme. À défaut de le trouver calviniste, ses ennemis le supposèrent juif. Pourtant il n’en est rien, la famille de l’Hospital, installée dans les monts du Cantal, puis en Basse Auvergne, est assez connue depuis le XVe siècle à la fois par l’exercice de fonctions locales et par les charges ecclésiastiques de plusieurs membres de la famille, dont un grand oncle, chanoine à Murat[5], et son oncle Georges, chanoine à Aigueperse, pour contredire ces allégations.
Selon Pierre de La Faye[6] qui reprend un texte ancien dont il ne donne pas de référence imprimée[7], la famille de L’Hospital serait originaire du nord du Rouergue ou du Quercy, aux confins de la Haute Auvergne. Elle aurait porté à l’origine comme nom patronymique celui de Puyvergne ou Puvergne. Son installation dans le nord du Cantal, au lieu-dit « L’Hospitalet » ou « L’Hospital » au sud-est d’Allanche (voir carte), près du village de Malliargues et du hameau de La Roche, leur aurait permis, au fur et à mesure qu’ils assumaient des charges administratives valorisantes, de faire glisser leur nom de famille sur le lieu de domicile, devenant ainsi « de L’Hospital ». Le chanoine Audigier reprend avec plus de vigueur cette affirmation : « Ce qui est sûr, c’est qu’il (Jean de L’Hospital) était originaire d’un petit village qui joint presque la ville d’Allanche que l’on nomme L’Hospital, dont peut-être la famille du chancelier prit le nom, c’est la tradition de tout le pays. Les personnes d’un âge avancé en parlent comme d’une chose que l’on ne doit point révoquer en doute. La mémoire de ses ancêtres est encore toute récente à Allanche, à l’Hospital et à Saint-Flour, où l’on trouve de ses parents. Un vieillard qui est encore vivant et qui est du lieu de l’Hospital montre encore l’endroit où était la maison qu’habitait la famille de L’Hospital. C’est donc véritablement ce lieu qui a produit ce grand homme. »[8] Dans le Dictionnaire historique du Cantal de M. de Ribier, à l’article sur Murat, Paul de Chazelles confirme la présence de la famille dans le nord du Cantal dès le milieu du XVe siècle,  en citant le nécrologe de la collégiale de Murat où Hugues de L’Hospital, frère de Charles de L’Hospital décède en 1470, année où ce même Charles, père de Jean et grand-père de Michel, vient s’installer à Aigueperse auprès des Montpensier.
Nous ignorons le nom de l’épouse de Charles ; nous savons seulement qu’il eut au moins deux fils : Jean, le médecin, et Georges, né dans le Cantal à « la Tesche », sur la paroisse de Malliargues. Or, ce toponyme n’existe pas et n’a pas laissé d’autre trace dans les archives. Pierre de La Faye pense qu’il s’agit d’une mauvaise transcription du nom et qu’il faut lire né à « La Roche ». Or, il existe bien un lieu-dit La Roche, voisin du lieu de l’Hospital, sur la paroisse de Malliargues,  village actuellement rattaché à Allanche. Faut-il penser que Charles de L’Hospital avait épousé une fille du hameau de La Roche et que, selon une tradition bien établie pour les naissances, elle avait accouché dans la demeure de ses parents ? Domicilié ou propriétaire à La Roche près Allanche, Charles aurait pu abuser du toponyme pour le raccrocher à son patronyme, artifice apparemment déjà utilisé dans la famille.
Carte par Sparsae.
La domiciliation dans les monts du Cantal et la toponymie répandue de « Roche » peut expliquer que les L’Hospital aient pris ce nom de La Roche dès le XVe siècle, mais d’un La Roche différent de celui d’Aigueperse. La titulature du fief de la Roche de Chaptuzat relève encore, en cette fin du XVe siècle, directement du duc de Bourbon. Il faut réellement attendre 1515 pour que l’histoire nous apprenne la première réelle donation en fief du château dit de La Roche lès Aigueperse, faite par Charles de Bourbon à son médecin.
Le grand-père du chancelier, Charles de l’Hospital, vraisemblablement lui-même médecin, a vécu à Murat et à Allanche. C’est lui qui s’installe à Aigueperse à partir de 1470 et non pas le père de Michel de l’Hospital, Jean, qui décède en 1546 et, s’il avait pratiqué ce métier en 1470, vers l’âge minimal de 25 ans, serait mort à près de cent ans ! Le médecin L’Hospital qui s’installe à Aigueperse en 1470 ne peut être que le père de Jean, donc le grand-père de Michel, ce Charles de L’Hospital, médecin de Haute Auvergne venu se mettre au service du comte dauphin d’Auvergne Gilbert de Montpensier. Cette translation ne doit rien au hasard. Le hameau de L’Hospital dépendait de la seigneurie de Malliargues, elle-même  relevant de la baronnie de Mercoeur, laquelle baronnie a pour titulaire à la fin du XVe siècle, Gilbert de Montpensier, le père du futur connétable. De ce fait, les L’Hospital sont, à la naissance de Michel, depuis au moins deux générations, des serviteurs de la famille de Bourbon-Montpensier.
Façade nord du château de La Roche, dominant le vallon de Chaptuzat (Puy-de-Dôme) (cliché Sparsae).
Pour confirmer cette hypothèse, nous pouvons nous appuyer sur un document de 1524 qui n’a pas été rédigé pour éclairer les origines de la famille de L’Hospital, car il s’agit du procès verbal d’enquête du commissaire royal chargé de saisir les biens des conjurés ayant suivi le connétable de Bourbon dans sa fuite : « D’illec passay par la ville de la Palisse, et fus averty que ledict Jehan e L’Hospital, médecin, duquel n’aois peu avoir notice de sa demeure pour le temps qu’il se tenait au royaume, faisoit le plus sa résidence en la ville d’Aigueperse, là où il avoit des enfants demourans. A ceste cause prins mon chemin pour aller au dict Aigueperse. En laquelle ville j’arrivay le 5 mars, et m’adressay à Me Guillaume de Marillac, chatelain du dict lieu, lequel requis me dire s’il avoit connaissance du dict Jehan de L’Hospital, médecin, dénomé dans la dicte commission de la quelle lui ay faict ostentation… fit response, qu’il avoit bonne connaissance de L’Hospital, médecin, lequels estoit veuf, et pendant qu’il estoit mariée, demouroit en cette ville d’Aigueperse et avoit deux enfants, dont l’un estoit chanoine dudict lieu et l’autre serviteur de M. le connétable, et que, quand mon dict seigneur le connatébale venoit au dict Aigueperse, il se logeoit au chastel du dit lieu, comme les autres serviteurs du dict connétable. Ne savoit point qu’il eust aucun domicile, et avoit entendu que le dict Jehan estoit absent du royaume et ses enfants arrestés prisoniers à Thoulouse. »[9] De cette dernière phrase, il faut retenir avec logique que la famille de L’Hospital vivait dans le « chastel du dit lieu », c’est-à-dire au palais d’Aigueperse dont il reste de nos jours la Sainte-Chapelle. Le commissaire enquêteur ne fait pas mention du château de La Roche, donné en fief à Jehan de L’Hospital, fait éminemment connu, mais ce qui intéresse le commissaire, c’est le domicile, le lieu de vie du médecin, le château-fort de La Roche n’étant certainement pas très confortable en ce début du XVIe siècle[10]. Il n’évoque pas non plus la vieille forteresse de Montpensier qui n’abritait pas le séjour des Bourbons à Aigueperse. Pour la défense des historiens passés, précisons qu’il leur était difficile de connaître et d’imaginer qu’il existait un palais de la famille de Montpensier à Aigueperse, résidence qui ressemblait au palais des Tournelles à Paris, avec tours de calcaire blanc et toits d’ardoises.[11]
Il semble aussi que l’accueil de l’enquêteur à Aigueperse ne fut pas des plus chaleureux et le châtelain d’Aigueperse Guillaume de Marillac, grand serviteur de la famille de Montpensier prend peut-être plaisir à brouiller les pistes. Il indique à l’enquêteur que le dit L’Hospital, recherché, est un médecin dont l’un des fils est chanoine de cette ville (Georges) et l’autre au service du connétable (Jean). Il est absent du royaume et ses enfants sont arrêtés à Toulouse. Qu’est-ce que cela signifie ? Soit Marillac essaie de tromper l’enquêteur d’une façon grossière, en mélangeant les générations, soit il lui donne une fausse piste en indiquant le père de Jean de l’Hospital qui aurait donc été lui aussi médecin mais décédé à la date de l’enquête. Cette explication justifierait la mention de deux fils de ce médecin, l’un chanoine à Aigueperse, il s’agit de Georges né en Haute Auvergne et l’autre au service du connétable, c’est Jean, le père de Michel. Michel étant lui, momentanément en prison à Toulouse.

LE LIEU ET LA DATE DE NAISSANCE DU CHANCELIER

Les L’Hospital font donc partie intégrante, et depuis assez longtemps, de la cour des Montpensier, de l’entourage intime de la famille et ils résident de ce fait très probablement dans le palais d’Aigueperse. Le document de 1524 le précise « il se logeoit au Chastel du dict lieu, comme les autres serviteurs du dict Connétable »[12]. Cette dernière information sous-entend que la famille de L’Hospital ne possède pas de logis particulier à Aigueperse, information qui expliquerait que personne n’a pu, malgré tout l’intérêt local pour le sujet, restituer d’une manière tangible une maison L’Hospital à Aigueperse[13]. Le château de La Roche lès Aigueperse n’est pas cité par l’enquêteur, pas plus que la forteresse de Montpensier, monuments qu’il n’a pas pu ignorer, mais qui ne sont pas, à ce moment de leur histoire, des demeures convenables. Si le château de La Roche est bien aux mains de Jean de L’Hospital, il n’est guère concevable que sa famille en fasse sa résidence. Le lieu est éloigné du bourg et, avant les travaux d’embellissement du milieu du XVIe siècle et du XVIIe siècle, ses pièces d’habitation doivent plutôt manquer de confort. La famille de L’Hospital vivait dans l’intimité des Montpensier, dans le palais d’Aigueperse, un grand logis plutôt vide depuis la mort ou le départ des membres de la famille. Le comte dauphin, Gilbert, est mort en 1496. Charles, le fils aîné, est décédé en 1501. La comtesse Claire de Gonzague meurt en 1504, Charles le connétable vit à Moulins depuis au moins l’année 1511, Louise la fille aînée a épousé son cousin, Louis de La-Roche-sur-Yon. Renée de Montpensier, la cadette, vit à Metz où elle a convolé avec le duc Antoine de Lorraine et François, le dernier garçon, a trouvé la mort sur le champ de bataille de Marignan en 1515.
Statue de Michel de L’Hospital, inaugurée par Pierre Andrieu, maintenant au centre de la cour de la mairie d’Aigueperse (d’après une ancienne carte postale).
Il demeure possible que ce remarquable monument chargé d’histoire accueille parfois la famille de L’Hospital. De toute manière, le jeune Michel a pu ainsi connaître le château de La Roche entre l’âge de 10 et de 15 ans seulement puisqu’il termine ses « humanités » ; il est resté au moins trois ans pour cela à Toulouse dans l’année de ses 18 ans en 1523. Ces derniers éléments indiquent une date de naissance en 1506-1507, car si le lieu de naissance n’a jamais été précis, la date de sa naissance l’est encore moins.
Le flou autour de l’année précise de sa naissance est en partie à mettre sur le compte de l’ancien calendrier alors en usage en Auvergne. En pays de langue d’oc, et particulièrement en Auvergne, la date du début de l’année était, en effet, celle de l’Annonciation (25 mars) et ce jusqu’aux ordonnances de Michel de L’Hospital lui-même, qui, en 1564, par l’ordonnance donnée au château de Roussillon, fixa le début de l’année au premier janvier. Or l’indication de l’Annonciation change tous les ans et si on se veut se référer au calendrier de la langue d’oïl qui sera appliqué ensuite dans tout le royaume, une personne qui est née entre le 1er janvier et la date de l’Annonciation, peut-être considérée née en 1506 pour l’Auvergne et déjà en 1507 pour Paris. Nous avons certainement ici un début d’explication pour cerner la date précise de naissance du chancelier qui se situerait alors dans le courant du premier trimestre de l’année 1507. Son arrestation à Toulouse aurait eu lieu dans « l’année de ses 18 ans ». Cela corrobore la fin de l’année 1506 à la manière d’Auvergne et début 1507 pour Paris. C’est l’année où la guerre contre Gênes se termine, comme Michel de L’Hospital le précise dans son testament.

Olivier PARADIS

[1] Texte cité par Dupré-Lasalle, op. cit., pp. 24 à 26.
[2] Il faudra attendre les travaux d’aménagement entrepris par Pierre de L’Hospital au milieu du XVIe siècle, puis par ses descendants au XVIIe siècle, notamment avec la démolition d’une partie de l’enceinte médiévale de la cour pour que La Roche devienne une résidence plus agréable.
[3] Du palais d’Aigueperse disparut en grande partie dans un incendie en 1574, les restes furent abattus vers 1650 pour en faire une place le long de la Sainte-Chapelle, cette dernière ouvrant autrefois sur la cour intérieure dudit palais.
[4] Texte cité par Dupré-Lasalle, op. cit.,  p. 25.
[5] Pierre de La Faye (Quelques éclaircissements historiques …) précise qu’il s’est rendu à Aigueperse vers 1850 et que la prétendue maison L’Hospital ne pouvait en aucun cas être celle qu’il visita ; elle avait été très remaniée et possédait cependant quelques fenêtres anciennes et une grille de fer forgé avec des armoiries qui passaient pour celle des L’Hospital, mais qui ne l’étaient pas. Plus tard, au début du XXe siècle, la maison dite Hôtel du Lion d’Or, route de Vichy, détruite à la fin des années 1960, passait pour un logis de L’Hospital. De même durant la seconde guerre mondiale, une maison, près de la mairie, actuellement rue Michel-de-L’Hospital, passait aussi pour être la maison du chancelier, or c’est un immeuble du XVIIe siècle, autrefois inclus dans le couvent des Ursulines.
[6] Beaucaire, conseiller du roi très hostile au chancelier, l’accusait d’être tout en vrac, athée, sans religion et aussi de nation et de religion juives. Cette assertion gratuite a été reprise, nous l’avons vu, par le courant de révocation et de chasse aux réformés à la fin du règne de Louis XIV.
[7] Dupré-Lasalle, Michel de L’Hospital avant son élévation au poste de chancelier de France, Paris, 1875, pp. 95-105.
[8] Le texte cité par Guillaume de Chabrol dans les Coutumes d’Auvergne, tome IV de 1786, donne le nom des villages de Bens, de Croizat (probablement une partie de l’actuel Chaptuzat-haut) et la seigneurie de La Bussière (Tour de Bussières) associés au fief de La Roche afin de constituer le territoire de la châtellenie.
[9] Arch. Nat., série E, 178. Un dénommé Dupré, receveur des tailles à Moulins, avait voulu imposer Gilbert de l’Hospital (petit-neveu du chancelier) de la somme de 400 livres de tailles pour ses propriétés (château de la Roche) sur la paroisse de Chaptuzat. Ceci pour appuyer le syndic et les habitants de Chaptuzat qui n’avaient pas apprécié que le sieur de L’Hospital soutienne un autre parti que le leur dans une autre affaire fiscale.
[10] Cf. Pierre de La Faye, Quelques éclaircissements historiques et généalogiques sur Michel de L’Hospital et sa famille, Clermont-Ferrand, Thibaud, 1863.
[11] Pierre de La Faye, op. cit.
[12] Il s’agit d’un manuscrit du milieu du XVIIIe siècle intitulé : « Histoire manuscrite des grands hommes d’Auvergne » par M. Micolon de Guérines, vicaire général de l’évêque Massillon et secrétaire perpétuel de l’académie de Clermont.
[13] Cité par Pierre de La Faye, op. cit.

Extrait d’un article paru dans la revue Sparsae n°57, 2006, pp.15-34
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