Samedi 7 février 2026, l’Association culturelle et ses environs a reçu Evelyne Hours, présidente de l’Association des Amis de la cathédrale de Clermont et Henri Hours, archiviste paléographe, ancien directeur des Archives départementales et maintenant archiviste diocésain pour une conférence sur les vitraux médiévaux de la cathédrale de Clermont.

Le chœur actuel de la cathédrale gothique de Clermont date du XIIIe siècle. Les chanoines du chapitre de la cathédrale, alors maîtres d’œuvre, mirent au point pour les vitraux une décoration qui s’avérait uniquement visibles par eux, car trop lointaine dans l’édifice pour être vraiment observable depuis la nef par les fidèles. Les archives détiennent encore des manuscrits médiévaux, bréviaires, légendiers et autres, qui permettent une reconstitution des verrières originales ainsi que leurs commentaires. Parmi ces documents, la Canone contient le plan du chœur et les dédicaces des chapelles.

La plupart des chapelles dédiées aux saints et à leur vie telle que racontée sur les verrières, étaient directement inspirées de ces ouvrages parmi lesquels le Bréviaire de la cathédrale dont la lecture rappelait, matin après matin, ces commentaires.

Cathédrale de Clermont, verrière de Saint-Bonnet : consécration épiscopale du saint, médaillon XIIIe s.

Au fil du temps, la mémoire de ces médaillons s’est effacée. Les chanoines n’ont jamais eu les moyens de remplacer les verrières du chœur. Après la construction, au XIXe siècle, des deux flèches de la cathédrale, les vitraux furent restaurés (au début au XXe) par les ateliers clermontois du maître verrier Jean-Félix Gaudin. Tous furent démontés puis remis dans un nouvel ordre qui semblait alors mieux cohérent. Des rajouts furent même apportés pour combler les manques.

Ce sont 400 médaillons, dont 15 du XIIe siècle, qui sont aujourd’hui présents sur les verrières des chapelles entourant le chœur.

Les orateurs aidèrent l’auditoire à comprendre les représentations de la vie des saints de certains vitraux et montrèrent les erreurs de lecture des inscriptions latines commises par d’anciens chercheurs ainsi que les mauvaises interprétations qui furent faites lors de la réinstallation des vitraux.

LA VIE DE SAINT BONNET 

S’attachant plus particulièrement à la lecture donnée par ces vitraux des vies de saint Austremoine, saint Georges, sainte Foy et, insistant sur celle d’un saint local, saint Bonnet, les conférenciers firent découvrir nombre de clés de compréhension des images tracées sur ces médaillons dont certains datent de la cathédrale originale, d’autres de la construction du nouvel édifice au début du gothique.

Bernard Hours, Olivier Paradis, Evelyne Hours

Ces rares joyaux ont échappé aux destructions commises lors de la Révolution. Restaurés ils sont arrivés jusqu’à nous. Les Amis de la cathédrale ont coédité avec la Revue d’Auvergne (n° 638, 2021/1) un ouvrage, « Lumen Coeli, lux Dei » : les vitraux médiévaux de la Cathédrale de Clermont (XIIe-XIIIe siècles), donnant le détail des interprétations de ces verrières dont la compréhension est d’autant plus difficile que, s’inspirant de la Légende dorée de Jacques de Voragine, Jean-Félix Gaudin et l’érudit Henri du Ranquet déplacèrent certains médaillons, inventèrent des épisodes et imaginèrent même de nouveaux personnages.

Après plusieurs échanges entre l’auditoire et les conférenciers, Olivier Paradis conclut la séance en remerciant chaleureusement les orateurs.

PS. On pourra retrouver les photos des vitraux sur le site internet https://www.cathedrale-catholique-clermont.fr/la-cathedrale/vitraux/
ACAE
9 février 2026