L’Association culturelle d’Aigueperse et ses environs (ACAE) a proposé à ses adhérents de se diriger vers Limoges, Angoulême et Cognac. Pour l’occasion, les organisateurs avaient mis les petits plats dans les grands. En route, le voyage comporta donc une première halte à Limoges avec un tour de sa célèbre gare, suivi de la visite du Musée national de la porcelaine Adrien Dubouché.
Porcelaine de Limoges
Les porcelaines (tendres et dures), les biscuits, les décorations et les fours n’eurent plus de secrets pour les visiteurs. La porcelaine a détrôné le grès au XIXe siècle. La recette de base de la porcelaine est 50% de kaolin, 25% de feldspath et 25% de quartz. L’exposition de vaisselles et d’objets réalisés par les grandes maisons de Limoges montre, s’il en était encore besoin, l’excellence de cette production française de réputation internationale. Les décors de « jetés de fleurs » des XIXe et XXe siècles ont, depuis, été remplacés par des décors plus modernes.
Le château de la Rochefoucauld
Puis, dans l’après-midi, ce fut la visite du château de la Rochefoucauld, construit, comme son nom l’indique, par un certain Foucauld, sur un éperon rocheux. Le château médiéval initial fut, par la suite, étoffé d’ailes Renaissance développées sur trois niveaux, selon les plans de Léonard de Vinci, dessinés pour le château de Romorantin. Il contient la plus grande chapelle castrale de France.
Parmi les membres de cette famille éponyme, on trouve, notamment, François Ier de la Rochefoucauld, parrain du fils du comte d’Angoulême, qui deviendra plus tard le roi de France, François Ier. À noter aussi François VI, auteur des Maximes, et François XII, fondateur des Arts et Métiers et de la Caisse d’Épargne.
Angoulême
Le deuxième jour fut consacré à Angoulême, les Aiguepersois apprécièrent le tour du Musée de la bande dessinée qui occupe les anciens chais Magélis, au bord de la Charente. En effet, la batellerie était le meilleur moyen de transport, indispensable pour les activités économiques, avant l’arrivée du chemin de fer. Installée sur le plateau, à l’intérieur des remparts, se trouve la vieille ville et sa cathédrale Saint-Pierre, de style roman, plusieurs fois restaurée suite aux destructions depuis la Guerre de Cent Ans jusqu’à la Révolution française.
Le musée de la bande dessinée
La cathédrale se caractérise par sa façade ornée de 75 sculptures, et par ses coupoles en pendentif sur chacune des travées. Elle a été rénovée au XIXe par l’architecte Paul Abadi fils. Puis, le guide conduisit le groupe vers plusieurs monuments du centre-ville : le palais de justice, de style néo-classique, l’église Saint-André qui date de 1660 et dans laquelle un culte très spécial à saint Expédit se perpétue, l’église Saint-Simon et l’Hôtel de Ville.
Le Trésor de la cathédrale
Le point d’orgue de cette la visite fut son remarquable Trésor scénographié par l’artiste Jean-Michel Othoniel. Les objets liturgiques choisis sont ainsi magnifiés dans un univers spécialement créé. Le projet a débuté en 2007 et, pour cette création, l’artiste a voulu y associer les ateliers charentais. Il y créa un mobilier de boules de verre coloré, tapissées à l’intérieur à la feuille d’or. Installé dans un bâtiment accolé au transept sud, l’artiste a ainsi inventé une œuvre spectaculaire avec une lumière données par des vitraux à cinq nuances de bleu. Ainsi, tout en montant les marches, on traverse trois salles : le Lapidaire, l’Engagement et, pour finir, le Merveilleux présentant un mélange de bleus et de dorés mettant en valeur les objets les plus précieux comme les ostensoirs, les calices et des statues.
Le Trésor scénographié de la cathédrale d’Angoulême.
Aubeterre-sur-Dronne.
L’église souterraine d’Aubeterre-sur-Dronne
Autre arrêt, la surprenante église souterraine d’Aubeterre-sur-Dronne. Cette ancienne église castrale a été creusée de haut en bas dans le rocher à la base du château. Le seigneur, Pierre Ier de Castillon ayant ramené de croisade un morceau de la vraie croix du Christ, son successeur, Pierre II, fit creuser cette église dans la masse avec, au fond et au centre un reliquaire en forme de croix et sur les côtés d’une part une grande copie du Saint-Sépulcre de Jérusalem et d’autre part une croix en bas-relief. Une galerie est également aménagée en forme de U, permettant aux seigneurs d’assister aux offices. Mais, au XVe siècle, la falaise s’effondra, emportant avec elle le chœur, le clocher et une partie de la nef. De ce fait, le fond de l’église se trouva orienté au nord. Les fouilles archéologiques font apparaître de nombreuses tombes creusées dans le sol. Avec ses 17 m de haut, c’est l’église souterraine la plus haute de toute l’Europe.
Dernier arrêt : Cognac
La dernière journée fut consacrée à la ville de Cognac avec son Musée d’art et d’histoire et, comme il se doit, son Musée des savoir-faire du cognac. Pour ne pas se limiter aux abstractions, le tour s’est conclu par une étape dans la distillerie de Moisans (Sireuil) où les producteurs montrent l’ensemble de leur exploitation, à commencer par les vignes composées essentiellement de cépage ugni blanc. Dominent ensuite douze alambics et le chai dans lequel vieillissent des crus qui seront ensuite assemblés pour obtenir le meilleur Cognac.
Cognac.
Le vin obtenu avec la récolte de raisin est transformé deux fois de suite dans l’alambic et ce avant le 31 mars de l’année suivante, afin d’extraire l’eau de vie, qui, une fois vieillie en fûts de chêne, deviendra le fameux Cognac.
Ainsi pleinement informés sur le patrimoine viticole et industriel cognaçais, les Aiguepersois purent prendre le chemin du retour et remercier Mary Imperatori, membre du Conseil d’administration de l’ACAE et organisatrice de ces trois journées si « merveilleusement organisées ».