VIENT DE PARAÎTRE : SPARSAE 98 (automne 2026) – AU SOMMAIRE, «LE GRAND CHEMIN FRANÇOIS» , UN MYSTÈRE AU XVe S., DES MERCIÈRES, UN LAVOIR, UN MOUVEMENT DE JEUNESSE VICHYSTE, ETC.
Les lecteurs de Sparsaetémoignent parfois de leur étonnement lorsqu’ils découvrent, au fil des pages, des faits historiques, sociaux ou culturels soit oubliés, soit ignorés, mais qui, pourtant, ont pu marquer, en leur temps, Aigueperse ou sa région. Coordonnés par la nouvelle équipe de rédactrices, Catherine Crochet et Nadine Moulin, les articles proposés dans ce 98ème numéro, les mèneront du Moyen Âge aux années 1940.
Au sommaire de cette 98ème livraison, grâce à Jacques Corrocher, on apprend, certainement avec étonnement, l’existence d’une représentation théâtrale ayant couvert plusieurs journées, qui marqua sans doute la vie aiguepersoise à la fin du XVe siècle.
Des notes laissées par le docteurChapoutot† , rappellent la naissance difficile, peu avant la Révolution, de l’hôtel-Dieu d’Aigueperse. À cette occasion, le lecteur fera aussi la connaissance d’une dynamique mère supérieure qui dirigea cette maison au moment du Premier Empire.
Les transports de marchandises et de passagers s’accélérant, Aigueperse, lieu de passage privilégié entre la capitale et les régions occitanes, vit évoluer le tracé de la fameuse route royale, future route nationale, qui la traverse. S’appuyant sur des documents des Archives départementales de l’Allier et sur des rapports de fouilles archéologiques, Philippe Carré montre les travaux entrepris sous le règne du roi Louis XV afin d’établir un nouveau tracé entre l’entrée sud d’Aigueperse et la croix d’Aubiat. Cet axe rectiligne ombragé que l’on connait aujourd’hui, était destiné à améliorer l’ancien « Chemin françois ».
Un texte inédit de feu l’abbé Blanche r† , redécouvert par l’ancien maire d’Artonne, Roméo Franceschi, propose une réflexion sur le modeste impact de la Révolution française sur la déchristianisation de la population d’Artonne. Pour cela, l’ancien curé fait appel à une méthodologie de recherche originale, s’appuyant sur l’étude des prénoms. La Société Populaire d’Artonne, constituée notamment de notables bourgeois et de commerçants convaincus par les idées les plus radicales de cette période tumultueuse, manifesta-t-elle beaucoup de zèle en la matière ?
Lavoir de Fontfroide. Photo M.F. Mercier (droits réservés).
Les rencontres d’autrefois au rythme des battoirs, les jours de lessive, autour des lavoirs témoignaient de l’existence d’une sociabilité entre les habitants d’un même lieu. C’est dans cette optique que Catherine Crochet présente l’intervention du conseil municipal d’Aigueperse pour établir, en 1829, un droit de lessive pour utiliser le lavoir de Fontfroide, en sortie sud du bourg en direction de Chazelles. Le parcours pour s’y rendre et les travaux de lessive qui s’y déroulaient au rythme des battoirs, constituaient des moments privilégiés pour l’échange et la circulation des informations du quotidien. Le conseil municipal d’Aigueperse décida qu’un règlement s’imposait pour la bonne gestion du lieu. Sa mise en place ne fut pas simple. Si le martellement des battoirs et le brouhaha des commérages ont aujourd’hui disparu, paisible et bien entretenu par la commune, ce très beau site constitue un but de promenade à pied recommandé.
Poursuivant leur patient travail de recherche sur les anciens commerces entrepris depuis plusieurs années, Michèle Cavatz et Danielle Crochetabordent cette fois le recensement des mercières, passementières, brodeuses et marchands de laine d’Aigueperse. On y voit l’importance de ces activités entre la fin du XIXe siècle et le début du XXe siècle. Autant de métiers aujourd’hui disparus d’une époque où le petit commerce fleurissait et créait lui aussi des lieux de sociabilité…
Membre du conseil d’administration et active bénévole de l’ACAE,Marie-Thérèse Quineta choisi un fait peu ou mal connu de la France des années 1940-45, une France vaincue, se trouvant sous le joug de l’idéologie de la « Révolution nationale » promue par Pétain. Dans le but de procéder à un prétendu redressement moral de la jeunesse, furent créés, début août 1940, les « Compagnons de France ». Une cérémonie fut célébrée en présence du maréchal en forêt de Randan. L’article explore les structures et le mode de fonctionnement de ce mouvement de jeunesse vichyste. Il montre aussi que le basculement définitif de la France de Pétain vers l’antisémitisme et la collaboration avec l’ennemi mena ce groupe à l’implosion, certains de ses membres se dirigeant alors vers la Résistance.
Époques variées, sujets non moins variés, la 98ème livraison de la revue Sparsae fait à nouveau revivre des temps que, sans trop y prêter attention, on risquerait bien d’oublier.
Les adhérents de l’Association culturelle d’Aigueperse et ses environs (ACAE) reçoivent par voie postale, courant septembre, cette nouvelle publication, accompagnée de leur bulletin de liaisonSparsae-infosincorporant le bulletin d’inscription à l’excursion d’octobre 2026. On pourra aussi se procurer la revue (15€) lors des permanences mensuelles de l’ACAE ainsi que dans plusieurs maisons de Presse et librairies de la région d’Aigueperse.