Aymon Mallay, l’architecte qui révéla le patrimoine en Auvergne, par Jacques Carré
Dès ses premiers écrits, Aymon-Gilbert Mallay (1805-1883), architecte départemental et diocésain du Puy-de-Dôme pendant plusieurs décennies, annonce la couleur : le patrimoine nous fait entrer dans l’avenir autant qu’il nous rattache au passé.
Dans une France du XIXe siècle travaillée par les révolutions politiques et sociales, Mallay, architecte catholique et conservateur, a vu dans le patrimoine architectural un élément stabilisateur et un sujet consensuel. Il fut responsable de la restauration, ou plutôt du sauvetage, des grandes églises romanes menacées de l’Auvergne et du Velay dont il se fit rapidement une spécialité. La reconstruction de la cathédrale du Puy fut l’un de ses coups d’éclat.
Mallay a indubitablement révélé une portion importante du patrimoine auvergnat qu’il a largement contribué à restaurer et promouvoir. Catholique convaincu, il bénéficie d’une forte demande de réparations d’églises, de régimes politiques favorables à la religion, d’un intérêt nouveau dans la société pour les monuments historiques, et de l’appui de Mérimée président de la Commission parisienne des Monuments historiques. Les années 1830-40 sont pour lui une période d’expériences architecturales. En pays riomois, il est responsable de nombreuses restaurations très importantes parmi lesquelles on trouve l’église Notre-Dame d’Aigueperse.