Dimanche 8 novembre 2026, la commune et le comité des fêtes de Montpensier proposent un programme avec conférence, expositions, animations, commémorant la mort en 1226 du roi de France, Louis VIII au château de Montpensier sur la butte dominant la plaine de Limagne.


PROGRAMME

  • 9h – Accueil à la mairie de Montpensier – remise du programme

  • 10h – messe en l’église de Montpensier

  • 11h15 – dévoilement d’une stèle commémorative sur la butte de Montpensier

  • 15h – conférence par Mme Marie-Adélaïde NIELEN, conservatrice en chef aux Archives nationales – « La mort du roi Louis VIII à Montpensier », église de Montpensier, entrée libre et gratuite.

    Butte et église de Montpensier (photo Sparsae).
  • Toute la journée à l’église de Montpensier – Exposition préparée par Mme M.-A. NIELEN en collaboration avec l’Association culturelle d’Aigueperse et ses environs (ACAE) : « Le lion est venu mourir sur la montagne du ventre », entrée libre et gratuite.

  • 16h – à l’école de Montpensier : chant des enfants.

  • Toute la journée – animations médiévales par les associations Marie-de-Berry et Les Souldats d’Auvergne – restauration par food truck – buvette


Dans la seconde moitié du XIIe siècle, l’Église catholique s’organise pour lutter contre les hérétiques européens. À Toulouse, le comte Raymond VI tolère les Cathares, la prédication catholique y ayant échoué. En 1208, le pape Innocent III qui, depuis son élection (1198), veut définir un cadre strict pour les rites catholiques, saisit le prétexte de l’assassinat de son légat à Toulouse pour appeler à la croisade contre les hérétiques d’Occident. Comme cela avait été le cas en Terre sainte, il autorise ces nouveaux croisés à déposséder de leurs biens et exterminer les seigneurs hérétiques, car « Dieu le veut ». En contrepartie, les croisés peuvent s’approprier ces biens et bénéficient d’indulgences pour leurs péchés. Le roi de France, Philippe Auguste laisse ses barons se croiser contre le comte de Toulouse et son neveu, Raimond-Roger Trencavel (1185 – 10 novembre 1209) vicomte de Carcassonne, Albi et Béziers.

Le plus grand massacre est celui de Béziers avec 20 000 morts, la plupart catholiques, sous le prétexte qu’ils n’avaient pas dénoncé les quelques Cathares de leur cité (« Tuez les tous, Dieu reconnaîtra les siens »).

Cette croisade dure de 1209 à 1229. Après la mort de Simon de Montfort en 1218, son fils, Amaury, ne réussit pas à conserver ses conquêtes du comté de Toulouse et cède ses droits sur le Languedoc à la couronne de France. Louis VIII part en 1226 en croisade contre les Cathares. Rien ne résiste alors à cette armée royale. Pourtant l’Église cathare survit dans la clandestinité malgré les poursuites, les supplices et les bûchers. Au début du XIIIe siècle, par un travail systématique de l’Inquisition fondé sur la terreur, la dénonciation et la destruction des maisons de ceux soupçonnés d’hérésie, le catharisme toutefois disparaît.                                 

De retour d’une expédition en Languedoc contre l’hérésie albigeoise qui dura près de six mois (siège et prise d’Avignon le 9 septembre 1226, soumission de Béziers, Carcassonne, Castelnaudary, Pamiers, Puylaurens), alors que sa santé laisse à désirer Louis VIII remonte vers Paris dès le 29 octobre 1226, par Albi, Rodez, Clermont et Aigueperse.

Durant le siège d’Avignon, ville d’empire qui n’avait pas obligation de s’ouvrir au roi de France, mais qui finit par se rendre le 9 septembre, entrepris sous une forte chaleur et les mouches avides, Louis VIII avait ressenti les premiers effets de la maladie dont nombre de ses hommes moururent pour avoir absorbé de l’eau polluée par les cadavres jetés dans le Rhône. Le 29 octobre, son état déclinant, on gagna sans tarder le lieu hospitalier le plus proche qui se trouva être Montpensier, installé au bord du grand chemin de Paris en Languedoc. C’est au château qui couronnait alors la butte que le roi décède le 8 novembre 1226, des suites d’une dysenterie, à l’âge de 39 ans.

Extraits de Corrocher (J.), « En 1226, un roi de France mourait à Montpensier », Sparsae, n°59, 2007, pp. 5-24.


Mis en ligne le 12 octobre 2026