Plus de 80 adhérents et fidèles de l’Association culturelle d’Aigueperse et ses environs (ACAE) étaient présents à la conférence de l’historien Philippe Carré, auteur et l’un des animateurs de l’Association d’histoire et de patrimoine de Broût-Vernet Azy-la-Garance.

Le thème du jour était « Du « grand chemin francois » à l’arrivée du rail. Le réseau routier au service de l’économie dans la région d’Aigueperse ». Il est le fruit de recherches effectuées par le conférencier et publiées dans son récent ouvrage  intitulé 2000 ans d’échanges le long des chemins et routes de Broût-Vernet et Saint-Didier.  

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Débutée autour de la région de Broût-Vernet et de Saint-Didier-en-Forêt, au nord de Gannat, le conférencier a étendu sa réflexion a été étendue sur celle d’Aigueperse du fait de son appartenance jusqu’à la Révolution française au Bourbonnais. La limite était située à la « Croix d’Aubiat » immédiatement au sud d’Aigueperse. Pour cette région, les Archives départementales de l’Allier complètent d’ailleurs de manière significative celles du Puy-de-Dôme.

La route nord-sud qui a façonné le bourg d’Aigueperse existe depuis des temps immémoriaux, certainement depuis la Préhistoire. De simple chemin gaulois, elle est devenue voie romaine, comme le prouve la découverte d’une borne miliaire en 1821. Cette voie est ensuite devenue le chemin français, puis la voie royale. Elle nous est plus connue de nos jours sous le nom de Route Nationale 9 bien que, plus récemment, sans doute pour convenance budgétaire, elle a été dégradée  au rang de Route Départementale 2009.

Passage de la « patache » (d’après carte postale ancienne).

Au Moyen Âge, c’est un itinéraire majeur de pèlerinage et de commerce. Il est dès lors important pour les voyageurs de pouvoir y trouver des haltes pour les chevaux comme pour les hommes. Les temps des trajets sont longs. Ils se font à pied ou tiré par des animaux. Même les attelages les plus performants ne permettent pas des échanges efficaces. Ainsi en 1734, la malle-poste qui partait de Moulins à 11h du matin, n’arrivait qu’à minuit à Clermont… et ceci si tout allait bien.

Autre frein aux échanges : les impôts liés au transport et à la traversée des villes. Les octrois, traites et autres péages font ainsi augmenter de manière significative le prix des marchandises. Jusqu’à la Révolution, ils n’ont pas pu être supprimés.

Sous l’impulsion de l’intendant Trudaine, au milieu du XVIIIe siècle, le tracé de la route fut amélioré faisant choisir, autant que possible, la ligne droite. De Riom à Aigueperse et d’ Aigueperse à Gannat, ces modifications se voient encore parfois de nos jours par la présence de noyers qui longent l’ancienne route.  Au XIXe siècle, de grands travaux d’amélioration de la chaussée elle-même ont lieu, cette fois-ci dans la ville d’Aigueperse. Ces travaux entraînèrent l’élargissement de trois ponts. Bon nombre de propriétés furent alors frappées d’alignement afin de permettre le croisement d’un trafic croissant d’attelages. Mais, à partir de l’arrivée du chemin de fer, les échanges commerciaux, notamment de produits agricoles locaux comme le blé ou le chanvre, ne se feront plus guère par la route, transformant l’organisation des liens économiques locaux avec les régions lointaines.

Pour conclure cette intéressante réunion, Catherine Crochet, présidente de l’ACAE, remercia au nom de tous le conférencier et souhaita poursuivre le plus longtemps possible ces bonnes relations entre les deux associations.


À noter : la première partie du travail de recherche de Philippe Carré est présentée dans son article « Aigueperse et ses principaux axes routiers avant l’arrivée du chemin de fer, Du chemin français à la grande route au Languedoc », publié dans la revue Sparsae n°98.
Mis en ligne le 22 octobre 2026
Texte et photos : N. Moulin
Montage photos : Sparsae